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30.03.2007

Mamie Sucette (ceci n'est pas une histoire de cul)

Mamie Sucette vit en face de chez moi, dans une maison qui ressemble à la mienne, sauf que quand Mamie Sucette ouvre ou ferme sa porte, une sirène retentit comme celle des voitures de police belges. Mamie Sucette a peur des voleurs, même quand elle est devant sa porte. Pourtant, je serais un voleur, ça me viendrait pas à l'idée d'attaquer Mamie Sucette, parce que non contente d'avoir un système d'alarme à faire crever d'une crise cardiaque les autres mamies de la rue, elle a aussi  une tête, faut voir, Mamie Sucette. Pas dans le genre commode. 

Donc, Mamie Sucette guette. Les voleurs, les satyres, les délinquants, les squatteurs, les arabes,  les qui lui font peur, voilà.

Elle guette aussi mon fils. Tous les matins, à 8h25 pétantes, j'ouvre la porte de la maison, et PILE AU MEME MOMENT, Mamie Sucette ouvre la (wouhwouhwouh) sienne. Une énorme sucette au coca à la main (ce qui lui vaut son charmant surnom, comme vous l'avez deviné, perspicaces que vous êtes). Son visage se décrispe et se fend même d'un beau sourire édenté qui rend ses yeux bleu glace un poil moins revolver, comme disait le poète. Elle trottine jusqu'à nous, et sans mot dire, tend la sucette à mon fils, qui ne pratiquepas encore le délit de faciès et accepte le cadeau avec un merci poli. 

Et ça lundi, mardi, jeudi. 

Vendredi matin, 8h20, mon fils prend la sucette et oublie de dire merci, mais a la brillante réflexion que voici "Elle doit pas être au courant que le sucre c'est mauvais pour les dents."

Je tremble. Je marmonne "non mais ça va pas bien dans ta tête" en le tirant vigoureusement par la manche, "au revoir! au revoir!" je fais à Mamie Sucette qui va se changer en Mamie Tromblon que j'y mettrais ma main à couper par la hache de Mamie Sucette (c'est le moins pire qu'elle me réserve pour l'offense du fiston)

Mais non. Mamie Sucette hoche doucement la tête. "C'est bien, c'est bien" semble-t-elle dire, sauf qu'elle ne parle pas. Elle ouvre la porte (wouhwouhwouh), elle referme la porte.

Sauvée. Pour cette fois!  

Au travail !

C'est Dupain, ils chantent ça. Pierre Carles s'en est servi pour son film "Attention danger travail"

Pas besoin de traduction pour comprendre que le travail, ça fait mal.
podcast

 

 

Tu parles

 I dig a tunnel

From my window to yours

Yeah a tunnel

From my window to yours

You change all the lead

Spleeping in my head to gold

As the day grows dim

I hear you sing a golden hymn 

 

Je viens de ramper dans ce putain de tunnel, je me suis écorché les genoux et bousillé les yeux à tenter d'apercevoir ta drôle de belle tronche avec la bouche cachée par ton porte-voix. Soit disant que le tunnel menait à ta fenêtre. 

On se demande bien sur quelle planète tu te caches.  

Ta mère aurait dû t'appeler Laïka, ouais!  

Y'a pas de raison

Je fais comme tout le monde.

Et tout le monde a raison : c'est chouette d'avoir un carnet à partager.  

Par la fenêtre

Hier soir, et encore avant-hier soir, tu as cru que je m'étais jetée par la fenêtre. Tout ça parce que je suis rentrée avec un peu de poussière dans les cheveux, et la manche gauche de mon blouson qui sentait la bière. 

Tu as regardé du haut de notre rez-de-chaussée, puis ton bel oeil circonspect posé sur moi, tu n'as rien dit. 

Je me suis époussetée nerveusement et le coeur battant, et c'est vrai, me suis-je dit, je sens la bière et la poussière de brique. Pourtant, je ne me suis jetée ni par la fenêtre, ni dans rien. Je ne me suis pas roulée par terre juste sous la fenêtre de notre rez-de-chaussée. Tu m'aurais vue. 

 

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