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24.04.2007
Workers of the world unite!
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23.04.2007
La frontera
Il y avait une frontière à ne pas franchir. Ordinairement je les méprise, ces lignes imaginaires, mais celle-ci, ah celle-ci, elle avait le visage d'un père qui n'aurait pas été absent, d'un homme qui n'aurait jamais fait.
Mais.
Avec ma Fluffy nous buvions du café au lait, en écoutant des chants mexicains qui me disaient "la frontera, la frontera..."
Je me refaisais les os, je me remplissais les joues, en me disant "la frontera, la frontera".
Les mois qui ont suivi, l'hiver est tombé et j'ai choisi de ne pas l'affronter. Je me suis enfermée en ignorant les petites flammes qui me léchaient doucement le cou, la nuque, les mains. Les bras qui voulaient me réchauffer.
Je me suis allongée nue sur le carrelage glacé, et j'ai attendu que ça passe.
Plus tard encore, j'ai entendu ces mots "la frontera, la frontera..." Je sais ce que je fais, dit alors celle qui était moi à l'époque.
Ma Fluffy je voudrais tellement, tellement être encore sur ces marches de pierre avec ton sourire et le mien dans un bol de café au lait fumant, tes doigts sur ma nuque. Peut-être que si c'était de ta bouche qu'étaient sortis ces mots "la frontera, la frontera", peut-être alors me serais-je inclinée devant cette ligne imaginaire avec humilité.
09:08 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.04.2007
Malo
Un jour, quelqu'un du sud-est de la France m'a dit ceci : "Moi il faudrait qu'on me paye pour vivre dans le Nord".
Ca sortait du coeur.
J'ai pensé à lui hier, à Malo, et je me suis dit que mon album photo ne serait pas pour lui.
Photos de Malo les bains, hier après-midi:
Des rochers carrés alignés, un coup dans l'eau, un coup hors de l'eau.
Un couple sexagénaire qui sort de l'eau, tous les deux rouges comme des écrevisses, ils ne se précipitent pas sur leur serviette en grelottant. Ils marchent les 500 mètres jusqu'au sable sec, ruisselants dans le vent frais.
Deux adolescentes blondes à la peau très pâle, allongées sur le sable, face à face. L'une parle et pose son regard sur le sable, sur son amie, sur le sable, sur son amie. Son amie l'écoute en souriant. Leurs vélos, un rose et un blanc, en équilibre l'un contre l'autre. La plage se vide et elles sont toujours là.
De la marmaille en maillot de bain, les pieds rougis par le sable froid.
L'usine de Dunkerque qui plonge dans la flotte, là, tout près, à gauche.
Des verres de bière à perte de vue sur des terrasses venteuses.
Un camion de glaces, beignets, fricadelles.
Deux chars à voile qui tracent, un coup vers l'usine, un coup vers Bray-Dunes.
A 18h, je suis assise sur le rebord en béton, les pieds dans le sable, chaussettes, chaussures. Avec mon amour, on mange des frites pas chères. Là, je repense à ce quelqu'un du sud, sur sa plage. Il sirote un Pago tropical. Tout le monde boit des Pago sur la plage dans le sud. Ou bien des bouts de glaçons avec du sirop de violette dedans. Ce quelqu'un et ses amis boivent des Pago et ne se parlent pas, parce que pour parler là-bas, il faut crier. A cause des jet-ski, vous comprenez.
Moi je mange des frites pas assez cuites, avec du vinaigre dessus. Du "vinaigre d'alcool coloré". A Malo. Avec mon amour, j'écluse des bouteilles de Chouffe, version 75cl, en matant l'infini de la plage, l'infini de la mer, jusqu'à ce que les deux se confondent.
14:15 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
13.04.2007
Canari Bay (ouh ouh)
J'ai parfois envie d'être sur une île où ne vivraient que mes plus chères amies et moi.
Juste un moment.
Il y aurait
La brune suave au goût d'épice, qui passe sa langue entre ses lèvres, à rendre fou, à rendre folle, et qui ne le sait même pas. Celle dans les bras de qui je me blottissais très trôt le matin lorsqu'après quelques heures de sommeil sur un lit étroit, j'allais respirer le parfum rassurant de son corps.
La brune aux yeux de chat et au sourire d'ogre. Celle qui un jour m'a sauvé la vie, mais oui. Elle riait de mes inavouables. Elle entrait chez moi couverte de neige, sa grand capuche de fourrure sur les yeux.
La blonde, plus grave que toutes les brunes de la Terre. Elle ne minimise pas. Elle prend ce que je lui donne sans essayer d'en faire une boule de pâte à modeler, lisse et monochrome. Elle pose ses pieds sur des planches et joue un drôle de monde, que je découvrirai bientôt.
La brune élastique, est-ce ma soeur? Non, mais pourquoi pas? Je nous vois un soir, face à face, les mots qu'elle prononce imprègnent tout mon corps, je me dis : "je me souviendrai toujours de ce moment". Depuis c'est à chaque fois la même émotion. Elle est une douce évidence, un poème.
L'amie la plus lointaine a les cheveux doux et châtain. Je n'arrive pas à parler d'elle. C'est trop dur. Trop tout. Et puis je la voudrais juste, ici, maintenant.
Mes amies sont magnifiques, belles juste d'être.
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05.04.2007
Brigitte à ma place
J'étais entrain de vous écrire une note passionnante sur mes dialogues avec les commerçants du quartier, quand je m'interrompis pour une raison que vous ne connaîtrez pas, bref, ma session expira (dans un râle déchirant)
Je vous offre donc à la place un savoureux extrait d'une nouvelle de Brigitte Fontaine, extrait de son recueil "Nouvelles de l'exil." Le personnage ici est une prostituée, Caroline.
"Elle craqua le jour où un type voulut lui manger un gateau de riz sur le sexe. Ca, elle ne pouvait pas l'encaisser. Du coup, elle traversa une crise, et le lendemain matin elle courut se confesser dans le première église venue. Elle eut un haut-le-corps en s'apercevant que le curé était justement le client amateur de gateau de riz. Sans hésiter elle le gifla, et il lui en retourna deux, elle le griffa, il la mordit, et cela dégénéra en pugilat public car il y avait quelques paroissiens qui priaient dans l'église. Ils en vinrent à rouler par terre et de fil en aiguille se retrouvèrent entrain de baiser, sans que les assistants pétrifiés pussent les en empêcher. A la fin, le curé se releva en s'exclamant : "alleluïa, je peux baiser sans gateau de riz, Dieu est grand." Immédiatement, il se convertit à l'Islam, ne voulut plus se séparer de sa petite Caroline qui de son côté était devenue follement amoureuse, ils partirent pour New-York qui est la ville la plus citadine du monde, puisque c'est l'amour de la ville qui les avait réunis, il devint épicier arabe et elle, marchande de quatre saisons montmartroise, et ils furent heureux, extrêmement heureux."
16:18 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
03.04.2007
Douleur exquise
SF
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Je vis sur Mars.
Ici comme ailleurs on bourre ma boite aux lettres d'invitation à toujours mieux.
Hier par exemple, j'ai reçu une énième invitation à m'installer sur Vénus.
Alors que tout le monde sait que les Vénusiens sont marsophobes.
J'ai aussi ramassé des appels au retour sur Terre.
Moi je suis bien sur Mars.
Par ma fenêtre, au delà du sol martien, des reminiscences terriennes, nostalgiques et violentes. Un drôle de mélange des genres
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09:29 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.04.2007
Escaut
En marchant le long du chemin de halage, entre Antoing et Peronnes-Antoing, je réfléchissais à la façon de le dire.
"Les mots ont roulé de ma langue à mes pieds, puis sont tombés dans l'Escaut". (je me suis vue tirer la langue devant le canal, nul)
"Les mots ont roulé à mes pieds, et j'ai suivi leur course dans les herbes blablabla", bucolique à la con, nul.
"Mes mots ont roulé à mes pieds et sont tombés, plouf plouf plouf, un à un au fond de l'Escaut" (n'importe quoi)
Sur l'Escaut, entre Antoing et Peronnes-Antoing, des mecs font du jet-ski. Je les regardais, un peu hébétée, en me répétant "mes mots sont tombés au fond de l'Escaut".
11:05 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
01.04.2007
Fluffy
Sur la porte du frigo, elle tient entre les dents une guimauve longue et rose. Et elle vous envoie son grand regard. Ses yeux de chat.
J'entends son rire qui traverse la planète entière. Une petite lucarne bleue dans un coin de l'écran. "Ah ah ah ah ah" écrit-elle, et je l'entends, son rire de folle.
Depuis que je fais des maths, je ne peux plus dire qu'elle vit à l'autre bout de la Terre. Je ne peux plus dire qu'elle vit de l'autre côté du globe. Je ne sais plus comment dire.
Une fois, on buvait du café dans un grand bol, assise sur un coin de pierre. On buvait du soleil par hectolitres (je fais des maths, je vous dis).
11:46 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

