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30.05.2007
Encore une plage
Viens, dit-il
Et leurs pieds s'enfoncent dans le sable froid.
Je vais te raconter une histoire
Dit-il
Une de celles dont on garde le souvenir honteux
Toute sa vie
Je ne l'ai encore racontée à personne.
Il parle alors
Elle l'écoute autant qu'elle se demande
Pourquoi il l'a emmenée jusqu'ici
Pourquoi à elle, cette histoire à rougir
Elle lui en est infiniment reconnaissante.
Quand le soleil se lève,
Elle plante ses yeux fatigués
Dans le miroir du matin, limpide et tiède,
Elle voudrait lui dire:
Je ne me rappelle plus
Tu sais, ton histoire
Raconte la moi, encore, s'il te plaît.
Mais il dort
Les longues piques cruelles
Des plantes de la dune
Fichées dans son cou.
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25.05.2007
Vive la chance ! (et autres divagations fort intéressantes)
C'est ce qu'il nous reste de plus palpable, surtout quand elle est pas là. Merci Etienne.
Palpable. Un mot que j'aime bien, qui sonne bien, ou plutôt qui se touche bien (encore qu'un mot qui se touche, arf, ça me fait toujours rire, sans blague, dites moi "qui se touche" et je me roule par terre, ou encore un truc très fin aussi, quand quelqu'un demande "où ça?" (à propos de nimporte quoi), et que l'autre lui répond "dans ton cul, y'a de la place, c'est pas comme dans le cul de ta mère", je ris à m'en faire péter le soutif, comme dit Stellou)
Tiens, ce sera un post genre je me mets à poil (argh, encore un truc que je vais trouver dans les stats "ce que les gens tapent sur google pour arriver sur ce blog"), oui je veux dire, un post pour parler des trucs que je dis pas. D'habitude.
Donc, je viens de vous le dire, chantez moi "la bite à papa que l'on croyait perdue... etc..." je suis écroulée.
Sur un autre blog, j'ai avoué que j'aimais entendre Dalida chanter " Mon histoirrre, c'est l'histoirrre d'un amoooouuur".
J'ai pleuré, il y a deux ans, en écoutant "The winner takes it all" des regrettés Abba, alors que je faisais ma vaisselle, juste parce que ça me rappelait une bonne rigolade avec Fluffy et qu'elle était partie au bout du monde, et qu'elle me manquait. (Par la même occas, j'avoue posseder un disque d'Abba, une compil, que j'ai acheté 3 euros, et qui a meublé mes nombreuses vaisselles, donc.)
J'ai entendu sur Chérie Fm, la radio que mon toubib fait beugler dans sa salle d'attente, "Les divas du dancing", vous vous souvenez? Putain, le fou rire! Les paroles, ça donne ça : "Les divas du dancing, les divas du dancing, les cinglées du mambo, celles qu'on ne verra jamais dans les disco!" ou "Danse! Toi qui connait si bien le coeur des femmes. Tous les mots qui les enflamment". Bref, je me suis rendue compte que je maitrisais encore assez bien les paroles, et ce, grâce/ à cause de séjours répétés dans la "salle de jeux" de Conca, petit village corse ou vit encore ma grand-mère, à fumer des clopes pendant que le juke box bouffait pièces de 2F sur pièces de 2F et dégueulait ses divas du dancing, donc, ou autres nuits de folie.
Je vous laisse, consciente du goût de trop peu qui vous restera dans la bouche à la lecture de ces lignes de haut vol (je peux presque entendre certains d'entre vous marmonner que je ferais mieux de bosser au lieu d'écrire des conneries, et j'y vais de ce pas, bienveillants et chers amis!)
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15.05.2007
L'espoir
C'est dans un immeuble, pas beau du tout. On descend une rue et au coin, il y a cet immeuble, on passe devant sans le voir, puis on remonte une très jolie rue, étroite et sans âge, entre Belleville et Ménilmontant, et là-haut, il y a cette minuscule place belle à chialer, juste avant la rue des cascades.
Dimanche, on ne pouvait pas le louper cet immeuble sans âme. Ses âmes, justement, s'y étaient donné rendez-vous. Des petits lutins qui ont le blanc des yeux comme des neiges éternelles. Ils nous font entrer, et nos pieds rencontrent de l'herbe et de la terre. "C'est de la vraie herbe, hein!, on l'a prise nous -même et on l'a posé dans l'entrée".
De l'herbe, des plantes, plein de gens tout sourires, des mômes, des mômes partout, qui font visiter leur chez-eux.
"On est allé frapper chez tous les habitants. Des fois, t'en as y ouvrent pas, mais on a quand même pris des photos."
Un gars avec une caméra me sourit "c'est un peu "portes ouvertes sur portes fermées!" C'est vrai. Quatre étages de portes fermées, avec collées dessus, grandeur nature, des photos de ceux, celles qui vivent derrière ces portes.
Sur cette porte, des mômes qui s'épient, du désir dans les yeux. "Ca, m'explique un lutin, c'est "la rencontre!"
Sur cette autre, un gars éberlué, Dimitri, qui vit seul, qui n'a pas entendu frapper à sa porte depuis pfiou...
Une famille africaine et asiatique, et on ne sait pas bien encore, mais ça sent l'amour à des kilomètres.
Un photo de porte fermée sur cette même porte fermée.
Une installation sonore, voix d'enfants "bonjour monsieur, on voudrait juste parler avec vous, et prendre une photo si vous voulez bien!", toc toc toc, "il veut pas ouvrir?" "bah, y'a peut-être personne"
Du partage, de la vie, du bonheur en barre, dans cet immeuble. Le lutin m'ammène au 4ème étage. "et là, c'est chez moi".
Je sors, je chiale. L'espoir, quoi
16:20 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Le commencement
(de Sébastien Joanniez)
La lune se réveille la nuit,
le soleil se lève le jour,
mon coeur est à gauche dans ma poitrine,
mes pieds sont en bas,
ma tête en haut,
mes cheveux poussent tout le temps,
les arbres et les fleurs vivent,
le ciel me tombera jamais sur la tête,
la pluie mouille,
la neige est froide,
la Terre est ronde,
l'air dans mes poumons me fait respirer,
je vais mourir un jour ou l'autre,
mon père est un homme,
ma mère est une femme,
j'aime mon père et ma mère,
ils m'aiment,
l'amour est une chose difficile,
si je lâche un objet il se retrouve par terre,
si je reste trop longtemps dans l'eau chaude mes mains sont toutes ridées,
si je me coupe le sang coule,
si je ris je suis heureux,
si je mange pas je meurs,
si je bois pas pareil,
si je ferme les yeux le monde existe toujours,
la Terre tourne sur elle-même,
le jour en vingt-quatre heures,
l'heure en soixante minutes,
le temps passe vers l'avant,
mes souvenirs vont en arrière,
mon corps est à moi,
I love you c'est je t'aime en anglais,
Je peux être certain de ces choses.
Ca m'aide à avoir un peu de certitude, ça me fait un début à tout.
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07.05.2007
Pansements
14:53 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
...
Je suis assise sur mon mur de briques préferé.
Ils ont dit : l'important, c'est de sauver sa peau. On va fermer nos fenêtres, nos portes, nos yeux, et dormir dans des draps propres.
Elle a dit : allez tous vous faire foutre, il n'est plus question d'amitié, trahison! trahison!
Je me frotte les yeux, je secoue la tête, me voilà bien avancée.
Je crois que je vais rester encore un peu sur mon mur de briques préferé, à me faire mal au cul en finissant une aile de poulet froid avec de la mayo. Regarder le monde qui ne vient pas de sombrer dans le chaos, juste de s'y enfoncer un peu plus profondément. Penser aux enfants de Ferriday.
Et me remettre au boulot.
09:14 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note





