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20.06.2007

Behind my window

Mon amour,
Tu n’es pas parti
Au port, t’armer contre le vent
Ecorcher tes mains sur de lourdes chaînes
Tes mains
Que j’embrasserais, le soir venu, surtout là et là
Où la rouille a laissé comme des traces de henné

 

Mon amour,
Tu n’es pas allé
Te glisser dans une combinaison ignifugée
Cuivre et argent sur laquelle on peut lire 
Mars 451, en hommage au vieux Ray
Cette fois, ils l’ont fait. Ils vont poser leurs empreintes
En forme de fusée dans de la terre rouge.
Et toi, mon amour, tes pas ne laisseront
Que de la boue car aujourd’hui, vois-tu, il pleut.

 

Mon amour,
Tu n’es pas descendu
Dans la nuit du fond de la Terre
Cogner dans la pierre noire, te coller
Une poussière empoisonnée dans les poumons
Ni dans tes yeux clairs que nul rouge sang
Ne viendra enflammer.
De toutes façons, ça n’existe plus.

 

Mon amour,
Je sais,
Tu veux simplement
Respirer, te laisser guider par le hasard
De nos rues, nul danger ne te guette
Mais comprends, je m’inquiète alors
Pour patienter
Et laisser repousser mes ongles,
Je pars
Faire le tour du monde
Je ne serai pas longue,
Mon amour.

18.06.2007

Neighborhood

Je les vois penchés sur le moteur de leur vieille bagnole
Une tige de fer dans la main
Qu'ils plongent ici et là

On dirait qu'ils dissèquent une vieille créature
Très vieille et très sage
Et qu'ils tentent de lire l'avenir
Dans ses entrailles.

Ce matin, sur les grilles de l'école, les mômes avaient attaché des petites baguettes magiques. Le papier alu des étoiles scintillait dans le ciel mi bleu mi noir tempête. Sur les grilles de l'école, on pouvait lire ces mots : Les enfants de l'école B. soutiennent ceux de l'école S. qui, depuis la fin de la trêve d'hiver, doivent dormir dehors avec leurs parents. 

Le ciel étoilé sur des barreaux.

De retour dans ma rue cabossée
Toujours leurs dos courbés
Et comme l'orage ne viendra pas tout de suite,
Ils resteront encore un long moment, je crois, à attendre que quelque chose bouge
Ou leur saute à la gueule, un boulon ou une évidence
Sorti tout droit des entrailles de leur vieille machine.

14.06.2007

24 heures d'oubli

J’ai passé une après midi à essayer de me souvenir de ce qui avait pu se passer pendant ces 24 heures-là.

Non, en fait, j’ai passé une après-midi à retourner toute les papiers que j’entasse, ceux qu’on ne doit pas balancer parce qu’on ne sait jamais. Je voulais celui qui racontait ce qui s’était passé pendant ces 24 heures. Parce que je ne peux pas m’en souvenir, moi. Je ne l’ai pas retrouvé. Ca m’a rendu infiniment triste.

Peut-être que c’était à cause de ce film, « Je vais bien, ne t’en fais pas », à cause de cette plongée en psychiatrie.

Je ferais mieux de croire ce que dit mon amie. Ces 24 heures perdues ne sont rien qu’une infime partie de ma mythologie personnelle, libre à moi d’imaginer ce que j’en ai fait.

Alors que tout simplement, très certainement, je dormais.

 

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