23.11.2007
Ecrire oui, mais quoi?
Hé, camarades!
Donnez moi des idées...
15:25 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
17.11.2007
Mea culpa
Il n'est pas question de faire son mea culpa
Me dit-il
N'empêche
Dit-il encore
C'était une erreur de
Ne faites jamais ça à quoi ça sert est-ce pertinent est-ce que non vous ne pensez pas quand même que vous perdez du temps de la crédibilité vous vous embrouillez vous LES embrouillez et franchement
Dit-il encore en faisant le tour avec ses gros yeux, sans jamais croiser les miens.
Moi je me disais c'est quand même con.
D'avoir dompté la tempête
Façon vieux loup de mer
Et aujourd'hui
Serrer dans ma main
Cette tasse de cantine
Regarder au plus profond
Du fond de ce café dégueulasse
Et de penser
Je suis
Déjà
Tellement
Fatiguée
De tout
09:46 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
23.10.2007
Je ne sais pas
Ce matin, je regardais la poche de sang se balancer lentement d'avant en arrière .
Les couleurs étaient si brillantes. Jaunes, les feuilles des arbres. Bleu, le ciel. Rouge, mon sang, avec cette légère écume blanchâtre.
J'ai fermé les yeux, me suis laissée engourdir, en me demandant dans quel état je me lèverais de ce fauteuil.
J'ai englouti un sandwich au fromage avec un café.
Et maintenant, je me sens tellement fatiguée. Une fatigue sans nom, sans début ni fin, comme un lente, très lente et très longue vague.
Je pose. Une main sur ma cuisse. L'autre main sur l'autre cuisse. L'épuisement n'est pas dicible.
Je me demande si je n'ai pas cherché ça. En regardant mon sang couler. Si je ne me suis pas dit, de très loin :
"Voilà. Coule, coule hors de moi. Donne moi une bonne, vraie, fatigue. Fais moi tomber d'épuisement, qu'il me reste juste la force de dire aux trente personnes autour de moi : je rentre chez moi. Je ne veux plus rien entendre. Je ne veux plus rien apprendre. Je veux dormir, je veux tellement dormir".
14:34 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
14.10.2007
Sean Farrell
Sean Farrell est poète, irlandais, alcoolique.
Il va mourir d'un cancer.
Il a aimé passionnément Rachel. Il l'appelle Rache, des fois. Quand il la regrette, surtout.
Il traine un clébard nommé Patchouli, que les amis de Sean n'ont jamais vu mais dont chacun d'entre eux est persuadé de l'existence.
Sean aimait sa mère maladivement, ce qui n'a pas facilité son histoire d'amour macabre avec Rachel.
Entre ça, le whisky, ses sarcasmes contre Feuerbach (Rachel est professeur de philosophie), pauvre Rache...
Un soir de thanksgiving, il a invité ses plus chers amis, et il a été glacé de les voir vieillissant, tout comme lui. Il a senti les articulations douloureuses, les insomnies des uns, les dépressions mal dissimulées des autres. Il a entendu, hoquets, reniflements, toux, craquements de vertèbres. Il a vu, cernes, cheveux blanchis. Il a senti chaque infime trace du vieillissement de ses amis parce qu'il va mourir.
Mais ah! la fraicheur du baiser de Rachel sur sa joue, la taille de Rachel sous sa main.
Le parfum du bois brûlé, celui du whisky
Les rires si jeunes de ses amis.
19:30 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
29.09.2007
Pas trop petite
Ce matin c'est l'évidence, la conscience aigue et bouleversante de la moindre seconde qui passe à travers la chambre encombrée. Le drap sale. Les livres ouverts. Le gris du ciel. La poussière collée aux vitres. La fatigue pesante. La lourdeur de mes membres. La musique d'Esbjörn Svensson Trio.
Le travail à accomplir m'apparaît comme une route vue d'avion, une route qui traverse une colline verte. Simpliste.
A chaque fois, c'est la même torture, les pas rapides sur le trottoir, les crampes dans les jambes, l'odeur du métro, ces visages, tous ces gens qui n'ont pas peur de la journée qui commence, pas peur de se faire gerber du métro sur la scène, faut y aller, on te paye pour ça.
Ce matin différent de tous les autres matins va-t-il prendre son temps et s'étirer jusqu'à me donner, juste un peu plus souvent, cette conscience lumineuse de ce qui est, ici et maintenant ?
Tout est si normal, ça ressemble à de la prestidigitation.
Je pense souvent à ces quelques mots griffonés par une femme avant son suicide : "trop petite, c'est tout."
Je la comprends jusque dans mes os.
Ce matin, je n'ai pas besoin de me mettre sur la pointe des pieds.
C'est drôlement reposant.
09:25 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
21.09.2007
Modeste clin d'oeil à Jean d'Artois
19:04 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Sigh
Nu mai timp
No more time
Plus de temps
Mi-e dor de
I miss
Que me manque-t-il?
Nu stiu
Chais pas
Nimic
Rien
Numai
Seulement
Timpul
Le temps
18:59 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.08.2007
Incore ed'l'amour
08:17 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Un monstre dans ma salle de bains
Il est très tôt, c'est encore un de ces moments parfaits.
Toujours ces choses immuables : le goût du café, la lumière du matin gris rose, tout ce qui n'est pas là mais que je sais s'éveiller. Un fleuve.
J'écoute le CD que m'a fait mon amie, les chansons qu'elle aime me la rende présente avec son merveilleux sourire.
Tout est beau, c'est terrifiant comme le monstre qui dort en ce moment dans ma salle de bains.
J'ai toujours la vision de son corps imprimé dans ma rétine.
07:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.08.2007
Tache
Je m'applique à découper une feuille cartonnée verte en quatre.
Alors que je viens de me dire que je la découperai en huit.
J'en découpe, encore, puis des jaunes, puis des vertes plus foncées.
Je crie vers l'escalier : Y'a pas assez de feuilles!
Tu les as découpé en combien?
Ah. Oui.
Je me vois bien devant 30 marmots.
Avec mon activité de cartons coupés en huit bien préparée.
Sauf qu'ils seront coupés en quatre.
17:05 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note


