18.08.2007
Red wave, good vibration
Oui, une belle vague rouge, comme la robe que je vais porter samedi 25 août.
Rouge comme la brique de notre future maison.
Rouge sang, rouge fruit mûr, rouge entrailles vivantes et palpitantes, comme toi et moi, comme eux, rouge colère, rouge jouissance, rouge, quoi.
Voici ce qui s'annonce. Voici ce qui annonce un clavier d'ordinateur qui va prendre la poussière, un peu...
A bientôt!
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3 septembre 2007
"Cinéma, radio, presse apportent le monde en images, musique, phrases. Ils sont la pâture constante de la puissance imaginaire des enfants. Comment peut on s'étonner que ces derniers veuillent être tout de suite de plein pied, debout dans ce monde que, par une illusion d'optique quotidiennement entretenue, ils voient à leur fenêtre?
Conseils, menaces, contraintes et promesses sont d'un temps révolu. L'enfant d'aujourd'hui « connait » le monde, celui des solitudes glacées, des grands hôtels, de l'Equateur et des bistrots louches. Il croit le connaître, il croit les images. Il répugne aux livres. Il est dégoûté de la monotonie quotidienne et tâtillonne de la vie familiale. Les évasions viennent au-devant de lui.
Désastre ? Désastre collectif si l'adulte persiste à maintenir I'enfant les mains derrière le dos. L'enfant se retourne et mord, saute par la fenêtre et tombe car le monde mille fois vu qu'il croyait prêt à le recevoir n'est que reflets et mirage. S'il existe, c'est beaucoup plus loin. On peut le rejoindre un pas après l'autre. Mais l'enfant de cinéma, de radio, d'héliogravure ne sait pas marcher.
Blessé, il retourne à l'obligatoire existence. Blessé, il prépare le prochain saut de sa fenêtre au monde des images, et puisqu'il faut de l'argent, il en « trouvera ». Ou bien il renonce, dégoûté pour toujours de savoir qu'il y a sur terre deux mondes voisins et pourtant aussi éloignés que la terre et la lune: celui où la vie est atrocement quotidienne et celui des espaces pittoresques, des rencontres imprévues où les gestes spontanés ne sont pas freinés par une atmosphère épaisse de nécessités.
Enfants prêts au crime, enfants ratatinés d'avance... Il serait peut être temps de repenser l'éducation en fonction de notre monde à plusieurs profondeurs."
Fernand Deligny
17:39 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.07.2007
Je n'ai pas peur d'être abandonnée, je n'ai pas peur
Tu ne risques pas
De ne pas revenir
Mais qu'est-ce que je raconte?
Est-ce que tu reviendrais uniquement pour
Un pantalon neuf
De vieilles photos
Des musiques enfermées dans une boîte en métal
Tes fringues qui sèchent devant mes yeux
(je repense à cet homme que la vie à deux avait fini par révulser. J'enfouis mon visage dans ta chemise humide et je souris)
Pas besoin de faire l'inventaire
Tu ne risques pas
De ne pas revenir
Tu es bien trop
Amoureux
02.07.2007
Deux jours, deux nuits
J'ai fait cuire des coquillettes ce midi.
J'ai râpé du parmesan. J'ai fait fondre du beurre dans la poele.
J'y ai jeté deux steacks hachés pas bien décongelés.
Il y en avait un pour mon fils et un pour moi.
J'ai enduit la viande de moutarde en grain.
J'ai mangé vite, comme tu le fais.
Parfois je pose ma fourchette, et je t'observe.
Tu dévores.
Tu lèves les yeux sur moi et tu souris.
J'ai oublié comme c'était, avant. Ce soir, Fluffy partagera mon repas, lorsque mon fils sera couché. Ca me rappellera quand nous n'étions que le petit et moi, la nuit, et qu'il venait se glisser dans mon lit très tôt le matin. C'était doux et un peu triste. Je ne voudrais pour rien au monde être encore là, en être encore là.
J'ai regardé un film hier soir, qui n'était que routes droites à travers le désert. Kilomètres par milliers.
Deux cents bornes, c'est mon désert personnel
Ce soir et demain soir
Deux jours et deux nuits
Sans ta langue dans ma bouche
Sans ton sourire
Au dessus de nos assiettes de coquillettes.
15:18 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.06.2007
Behind my window
Mon amour,
Tu n’es pas parti
Au port, t’armer contre le vent
Ecorcher tes mains sur de lourdes chaînes
Tes mains
Que j’embrasserais, le soir venu, surtout là et là
Où la rouille a laissé comme des traces de henné
Mon amour,
Tu n’es pas allé
Te glisser dans une combinaison ignifugée
Cuivre et argent sur laquelle on peut lire
Mars 451, en hommage au vieux Ray
Cette fois, ils l’ont fait. Ils vont poser leurs empreintes
En forme de fusée dans de la terre rouge.
Et toi, mon amour, tes pas ne laisseront
Que de la boue car aujourd’hui, vois-tu, il pleut.
Mon amour,
Tu n’es pas descendu
Dans la nuit du fond de la Terre
Cogner dans la pierre noire, te coller
Une poussière empoisonnée dans les poumons
Ni dans tes yeux clairs que nul rouge sang
Ne viendra enflammer.
De toutes façons, ça n’existe plus.
Mon amour,
Je sais,
Tu veux simplement
Respirer, te laisser guider par le hasard
De nos rues, nul danger ne te guette
Mais comprends, je m’inquiète alors
Pour patienter
Et laisser repousser mes ongles,
Je pars
Faire le tour du monde
Je ne serai pas longue,
Mon amour.
13:09 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
18.06.2007
Neighborhood
Je les vois penchés sur le moteur de leur vieille bagnole
Une tige de fer dans la main
Qu'ils plongent ici et là
On dirait qu'ils dissèquent une vieille créature
Très vieille et très sage
Et qu'ils tentent de lire l'avenir
Dans ses entrailles.
Ce matin, sur les grilles de l'école, les mômes avaient attaché des petites baguettes magiques. Le papier alu des étoiles scintillait dans le ciel mi bleu mi noir tempête. Sur les grilles de l'école, on pouvait lire ces mots : Les enfants de l'école B. soutiennent ceux de l'école S. qui, depuis la fin de la trêve d'hiver, doivent dormir dehors avec leurs parents.
Le ciel étoilé sur des barreaux.
De retour dans ma rue cabossée
Toujours leurs dos courbés
Et comme l'orage ne viendra pas tout de suite,
Ils resteront encore un long moment, je crois, à attendre que quelque chose bouge
Ou leur saute à la gueule, un boulon ou une évidence
Sorti tout droit des entrailles de leur vieille machine.
09:01 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
14.06.2007
24 heures d'oubli
J’ai passé une après midi à essayer de me souvenir de ce qui avait pu se passer pendant ces 24 heures-là.
Non, en fait, j’ai passé une après-midi à retourner toute les papiers que j’entasse, ceux qu’on ne doit pas balancer parce qu’on ne sait jamais. Je voulais celui qui racontait ce qui s’était passé pendant ces 24 heures. Parce que je ne peux pas m’en souvenir, moi. Je ne l’ai pas retrouvé. Ca m’a rendu infiniment triste.
Peut-être que c’était à cause de ce film, « Je vais bien, ne t’en fais pas », à cause de cette plongée en psychiatrie.
Je ferais mieux de croire ce que dit mon amie. Ces 24 heures perdues ne sont rien qu’une infime partie de ma mythologie personnelle, libre à moi d’imaginer ce que j’en ai fait.
Alors que tout simplement, très certainement, je dormais.
11:31 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
30.05.2007
Encore une plage
Viens, dit-il
Et leurs pieds s'enfoncent dans le sable froid.
Je vais te raconter une histoire
Dit-il
Une de celles dont on garde le souvenir honteux
Toute sa vie
Je ne l'ai encore racontée à personne.
Il parle alors
Elle l'écoute autant qu'elle se demande
Pourquoi il l'a emmenée jusqu'ici
Pourquoi à elle, cette histoire à rougir
Elle lui en est infiniment reconnaissante.
Quand le soleil se lève,
Elle plante ses yeux fatigués
Dans le miroir du matin, limpide et tiède,
Elle voudrait lui dire:
Je ne me rappelle plus
Tu sais, ton histoire
Raconte la moi, encore, s'il te plaît.
Mais il dort
Les longues piques cruelles
Des plantes de la dune
Fichées dans son cou.
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25.05.2007
Vive la chance ! (et autres divagations fort intéressantes)
C'est ce qu'il nous reste de plus palpable, surtout quand elle est pas là. Merci Etienne.
Palpable. Un mot que j'aime bien, qui sonne bien, ou plutôt qui se touche bien (encore qu'un mot qui se touche, arf, ça me fait toujours rire, sans blague, dites moi "qui se touche" et je me roule par terre, ou encore un truc très fin aussi, quand quelqu'un demande "où ça?" (à propos de nimporte quoi), et que l'autre lui répond "dans ton cul, y'a de la place, c'est pas comme dans le cul de ta mère", je ris à m'en faire péter le soutif, comme dit Stellou)
Tiens, ce sera un post genre je me mets à poil (argh, encore un truc que je vais trouver dans les stats "ce que les gens tapent sur google pour arriver sur ce blog"), oui je veux dire, un post pour parler des trucs que je dis pas. D'habitude.
Donc, je viens de vous le dire, chantez moi "la bite à papa que l'on croyait perdue... etc..." je suis écroulée.
Sur un autre blog, j'ai avoué que j'aimais entendre Dalida chanter " Mon histoirrre, c'est l'histoirrre d'un amoooouuur".
J'ai pleuré, il y a deux ans, en écoutant "The winner takes it all" des regrettés Abba, alors que je faisais ma vaisselle, juste parce que ça me rappelait une bonne rigolade avec Fluffy et qu'elle était partie au bout du monde, et qu'elle me manquait. (Par la même occas, j'avoue posseder un disque d'Abba, une compil, que j'ai acheté 3 euros, et qui a meublé mes nombreuses vaisselles, donc.)
J'ai entendu sur Chérie Fm, la radio que mon toubib fait beugler dans sa salle d'attente, "Les divas du dancing", vous vous souvenez? Putain, le fou rire! Les paroles, ça donne ça : "Les divas du dancing, les divas du dancing, les cinglées du mambo, celles qu'on ne verra jamais dans les disco!" ou "Danse! Toi qui connait si bien le coeur des femmes. Tous les mots qui les enflamment". Bref, je me suis rendue compte que je maitrisais encore assez bien les paroles, et ce, grâce/ à cause de séjours répétés dans la "salle de jeux" de Conca, petit village corse ou vit encore ma grand-mère, à fumer des clopes pendant que le juke box bouffait pièces de 2F sur pièces de 2F et dégueulait ses divas du dancing, donc, ou autres nuits de folie.
Je vous laisse, consciente du goût de trop peu qui vous restera dans la bouche à la lecture de ces lignes de haut vol (je peux presque entendre certains d'entre vous marmonner que je ferais mieux de bosser au lieu d'écrire des conneries, et j'y vais de ce pas, bienveillants et chers amis!)
10:21 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
15.05.2007
L'espoir
C'est dans un immeuble, pas beau du tout. On descend une rue et au coin, il y a cet immeuble, on passe devant sans le voir, puis on remonte une très jolie rue, étroite et sans âge, entre Belleville et Ménilmontant, et là-haut, il y a cette minuscule place belle à chialer, juste avant la rue des cascades.
Dimanche, on ne pouvait pas le louper cet immeuble sans âme. Ses âmes, justement, s'y étaient donné rendez-vous. Des petits lutins qui ont le blanc des yeux comme des neiges éternelles. Ils nous font entrer, et nos pieds rencontrent de l'herbe et de la terre. "C'est de la vraie herbe, hein!, on l'a prise nous -même et on l'a posé dans l'entrée".
De l'herbe, des plantes, plein de gens tout sourires, des mômes, des mômes partout, qui font visiter leur chez-eux.
"On est allé frapper chez tous les habitants. Des fois, t'en as y ouvrent pas, mais on a quand même pris des photos."
Un gars avec une caméra me sourit "c'est un peu "portes ouvertes sur portes fermées!" C'est vrai. Quatre étages de portes fermées, avec collées dessus, grandeur nature, des photos de ceux, celles qui vivent derrière ces portes.
Sur cette porte, des mômes qui s'épient, du désir dans les yeux. "Ca, m'explique un lutin, c'est "la rencontre!"
Sur cette autre, un gars éberlué, Dimitri, qui vit seul, qui n'a pas entendu frapper à sa porte depuis pfiou...
Une famille africaine et asiatique, et on ne sait pas bien encore, mais ça sent l'amour à des kilomètres.
Un photo de porte fermée sur cette même porte fermée.
Une installation sonore, voix d'enfants "bonjour monsieur, on voudrait juste parler avec vous, et prendre une photo si vous voulez bien!", toc toc toc, "il veut pas ouvrir?" "bah, y'a peut-être personne"
Du partage, de la vie, du bonheur en barre, dans cet immeuble. Le lutin m'ammène au 4ème étage. "et là, c'est chez moi".
Je sors, je chiale. L'espoir, quoi
16:20 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
