02.04.2007
Escaut
En marchant le long du chemin de halage, entre Antoing et Peronnes-Antoing, je réfléchissais à la façon de le dire.
"Les mots ont roulé de ma langue à mes pieds, puis sont tombés dans l'Escaut". (je me suis vue tirer la langue devant le canal, nul)
"Les mots ont roulé à mes pieds, et j'ai suivi leur course dans les herbes blablabla", bucolique à la con, nul.
"Mes mots ont roulé à mes pieds et sont tombés, plouf plouf plouf, un à un au fond de l'Escaut" (n'importe quoi)
Sur l'Escaut, entre Antoing et Peronnes-Antoing, des mecs font du jet-ski. Je les regardais, un peu hébétée, en me répétant "mes mots sont tombés au fond de l'Escaut".
11:05 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
01.04.2007
Fluffy
Sur la porte du frigo, elle tient entre les dents une guimauve longue et rose. Et elle vous envoie son grand regard. Ses yeux de chat.
J'entends son rire qui traverse la planète entière. Une petite lucarne bleue dans un coin de l'écran. "Ah ah ah ah ah" écrit-elle, et je l'entends, son rire de folle.
Depuis que je fais des maths, je ne peux plus dire qu'elle vit à l'autre bout de la Terre. Je ne peux plus dire qu'elle vit de l'autre côté du globe. Je ne sais plus comment dire.
Une fois, on buvait du café dans un grand bol, assise sur un coin de pierre. On buvait du soleil par hectolitres (je fais des maths, je vous dis).
11:46 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
30.03.2007
Mamie Sucette (ceci n'est pas une histoire de cul)
Mamie Sucette vit en face de chez moi, dans une maison qui ressemble à la mienne, sauf que quand Mamie Sucette ouvre ou ferme sa porte, une sirène retentit comme celle des voitures de police belges. Mamie Sucette a peur des voleurs, même quand elle est devant sa porte. Pourtant, je serais un voleur, ça me viendrait pas à l'idée d'attaquer Mamie Sucette, parce que non contente d'avoir un système d'alarme à faire crever d'une crise cardiaque les autres mamies de la rue, elle a aussi une tête, faut voir, Mamie Sucette. Pas dans le genre commode.
Donc, Mamie Sucette guette. Les voleurs, les satyres, les délinquants, les squatteurs, les arabes, les qui lui font peur, voilà.
Elle guette aussi mon fils. Tous les matins, à 8h25 pétantes, j'ouvre la porte de la maison, et PILE AU MEME MOMENT, Mamie Sucette ouvre la (wouhwouhwouh) sienne. Une énorme sucette au coca à la main (ce qui lui vaut son charmant surnom, comme vous l'avez deviné, perspicaces que vous êtes). Son visage se décrispe et se fend même d'un beau sourire édenté qui rend ses yeux bleu glace un poil moins revolver, comme disait le poète. Elle trottine jusqu'à nous, et sans mot dire, tend la sucette à mon fils, qui ne pratiquepas encore le délit de faciès et accepte le cadeau avec un merci poli.
Et ça lundi, mardi, jeudi.
Vendredi matin, 8h20, mon fils prend la sucette et oublie de dire merci, mais a la brillante réflexion que voici "Elle doit pas être au courant que le sucre c'est mauvais pour les dents."
Je tremble. Je marmonne "non mais ça va pas bien dans ta tête" en le tirant vigoureusement par la manche, "au revoir! au revoir!" je fais à Mamie Sucette qui va se changer en Mamie Tromblon que j'y mettrais ma main à couper par la hache de Mamie Sucette (c'est le moins pire qu'elle me réserve pour l'offense du fiston)
Mais non. Mamie Sucette hoche doucement la tête. "C'est bien, c'est bien" semble-t-elle dire, sauf qu'elle ne parle pas. Elle ouvre la porte (wouhwouhwouh), elle referme la porte.
Sauvée. Pour cette fois!
17:05 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Au travail !
11:40 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Tu parles
I dig a tunnel
From my window to yours
Yeah a tunnel
From my window to yours
You change all the lead
Spleeping in my head to gold
As the day grows dim
I hear you sing a golden hymn
Je viens de ramper dans ce putain de tunnel, je me suis écorché les genoux et bousillé les yeux à tenter d'apercevoir ta drôle de belle tronche avec la bouche cachée par ton porte-voix. Soit disant que le tunnel menait à ta fenêtre.
On se demande bien sur quelle planète tu te caches.
Ta mère aurait dû t'appeler Laïka, ouais!
10:15 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Y'a pas de raison
Je fais comme tout le monde.
Et tout le monde a raison : c'est chouette d'avoir un carnet à partager.
09:36 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
Par la fenêtre
Hier soir, et encore avant-hier soir, tu as cru que je m'étais jetée par la fenêtre. Tout ça parce que je suis rentrée avec un peu de poussière dans les cheveux, et la manche gauche de mon blouson qui sentait la bière.
Tu as regardé du haut de notre rez-de-chaussée, puis ton bel oeil circonspect posé sur moi, tu n'as rien dit.
Je me suis époussetée nerveusement et le coeur battant, et c'est vrai, me suis-je dit, je sens la bière et la poussière de brique. Pourtant, je ne me suis jetée ni par la fenêtre, ni dans rien. Je ne me suis pas roulée par terre juste sous la fenêtre de notre rez-de-chaussée. Tu m'aurais vue.
09:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
